In-Fine Education

Cette session est payante et est uniquement disponible pour les participants ayant opté pour le pass master classe.

Acheter son pass master classe

Description

Temps fort 2 - Transformer les pratiques pédagogiques, jeudi 8 avril, 10h-12h Débat 1 : Peut-on développer les actions d’inclusion scolaire grâce au potentiel de l’intelligence artificielle ?, 10h00 - 11h00 Au fil des décennies, le système éducatif français a évolué de logiques exclusives et ségrégatives, positionnant les élèves à profil particulier hors du système scolaire, vers des logiques intégratives puis inclusives. Cette évolution vise à permettre à ces élèves de profiter des effets positifs des dynamiques collectives tout en recevant un accompagnement spécifique. D’abord centrée sur les élèves présentant des situations de handicap, cette réflexion sur l’école inclusive s’élargit progressivement à l’ensemble des profils particuliers — élève temporairement empêché, retard scolaire et « haut potentiel » — conduisant les acteurs de l’Education et de la Formation à se confronter simultanément à des situations toujours plus variées. Le numérique ouvre de nouvelles possibilités tant de médiation et d’accompagnement des élèves que de prise de recul et d’adaptation pédagogique pour les enseignants. Parmi celles-ci, les travaux sur le Big Data et l’Intelligence Artificielle ouvrent d’importantes perspectives par le traitement des traces numériques des élèves, posent de nouvelles questions d’éthique et de limites sur l’efficacité en termes d’analyse des situations écologiques. A partir des données récoltées et traitées sur les plateformes d’apprentissage et de formation, les premières expérimentations de solutions d’apprentissage adaptatif et d’apprentissage personnalisé font apparaitre de nouvelles possibilités pour le formateur : analyse en continue des tâches de l’apprenant ou d’un groupe, évaluation diagnostique fine et identification de certaines difficultés d’apprentissages, aide à la décision, proposition de modèles d’apprentissage, adaptation automatisée ou proposition d’amélioration de la progression, personnalisation des pédagogies, aide à la prescription de ressources éducatives. Pour autant, l’efficacité recherchée est limitée par des biais algorithmiques, par les jeux de données existants peu exploitables, par les coûts et l’organisation de l’innovation. D’autres progrès sont à̀ attendre du développement de dispositifs marqués par la convergence de l’IA, de la robotique et de la réalité́ augmentée, par exemple pour l’entrainement d’habiletés motrices qui nécessitent une pratique cohérente et étendue, comme danser, jouer d’un instrument de musique ou même apprendre des procédures techniques. La création de services numériques basée sur des applications d’intelligence artificielle et sur la récolte, l’analyse et le traitement des données d’apprentissage mobilise les chercheurs, les entreprises et les services de l’État. Il s’agit de conduire une politique de recherche et de développement fondées sur la confiance et sur la protection et tenant compte du fait que le questionnement sur les aspects éthiques associés à l’utilisation des données d’apprentissage est fondamental et nécessite une information précise et claire envers les utilisateurs.1 Un socle de connaissances de base sur le potentiel de l’IA en Education et en Formation est aussi une condition nécessaire au déploiement et à l’acceptation par les praticiens de solutions innovantes.2 Le débat proposera à des experts, des chercheurs, des praticiens de faire le point sur où nous en sommes dans le domaine de l’IA pour l’inclusion, d’échanger sur leurs expériences du déploiement et de présenter les premiers résultats des expérimentations de solutions qui cherchent la réussite de tous les apprenants quelles que soient leurs spécificités. Ce débat est coorganisé avec l’association #Leplusimportant. Intervenants - Florian Forestier, directeur des études pour le Think Tank #Leplusimportant - Christelle Valette, Agrégée de lettres modernes, coordonnatrice d’ULIS Collège - François Bouchet, maître de conférences à l'Université Pierre et Marie Curie - Hélène Sauzéon, Professeure de psychologie - Université de Bordeaux / Inria - Amal El Fallah Seghrouchni, Prof. en Sorbonne Univ. et à l'UM6P - Ai movement, membre de la COMEST - UNESCO Le débat sera animé par Emmanuel Davidenkoff, journaliste au Monde. Chronique : EGN, où en sont les 40 propositions ? 11h00 - 11h10 Florence Biot, Sous-directrice de la transformation numérique à la Direction du Numérique pour l’Education (Ministère de l’Education nationale, de la jeunesse et des sports), interviendra pour revenir sur les 40 propositions des EGN et leur état d’avancée. Débat 2 : Transformation de l’enseignement, vers une hybridation ? 11h10 - 12h00 Le 11 mars 2021, le parlement européen a adopté une résolution sur les droits de l’enfant dans la perspective de l’élaboration par la commission d’une nouvelle stratégie de l’union européenne sur les droits de l’enfant3. Dans cette résolution, le parlement insiste sur le fait que l’éducation numérique ne devrait jamais remplacer de façon permanente l’apprentissage en présentiel et que celle-ci ne devrait être utilisée que d’une façon complémentaire ou lors de situations de grande difficulté telles que les pandémies. Dans ce texte, le parlement prend acte du besoin essentiel d’apprendre dans un lieu physique mais ouvre la voie de la complémentarité entre présence et distance. La crise sanitaire a donc mis en évidence l’hybridation des enseignements, une notion connue et étudiée depuis de nombreuses années par les chercheurs qui s’intéressaient à la formation à distance. Cette notion est d’ailleurs à différencier de l’enseignement à distance d’urgence vécu durant les confinements stricts où tous les élèves restent chez eux. Mais y a-t-il une définition de l’hybridation et quelles situations pédagogiques relèvent-elles de cette notion ? Marcel Lebrun définit le dispositif hybride comme « un ensemble cohérent de ressources, de stratégies, de méthodes et d’acteurs interagissant dans un contexte donné, considéré comme un mélange fertile et en proportions variables de différentes modalités de formation, en présentiel et à distance (Charlier, Deschryver et Peraya, 2006) mais aussi entre des postures d’enseignement transmissif (l’enseignement au sens strict n’exige plus la présence physique en un temps et un lieu donnés, mais peut sortir de l’ex-cathedra pour atteindre l’étudiant où il se trouve) et des postures davantage liées à l’accompagnement de l’apprentissage. »4 On voit bien qu’au-delà de l’aspect distance-présence, les méthodes d’enseignement, la nature des ressources proposées, la posture de l’enseignant, les conditions pour un réel apprentissage et les compétences nécessaires chez l’élève sont aussi interrogés par ce changement. De plus de nombreuses situations proposées par les enseignants en dehors de la période de crise sanitaire peuvent être qualifiées d’hybrides. On prendra comme exemples la classe inversée ou plus classiquement les devoirs faits à la maison, l’exposé préparé avec le concours des parents pour une présentation en classe mais aussi les travaux coopératifs ou collaboratifs réalisés entre apprenants en synchrone avec un accompagnement asynchrone d’un enseignant dans une posture d’accompagnant d’un apprentissage actif. Le conseil scientifique de l’Éducation nationale a, au moment du premier confinement et donc du tout à distance, produit des recommandations pédagogiques et souligné l’importance d’activités d’apprentissage favorisant l’autonomie, la curiosité, l’engagement et la motivation. Parmi de nombreux autres conseils, la note recommandait d’expliciter clairement les objectifs d’apprentissage, de structurer les cours, de multiplier les exercices et les exemples, les évaluations, de fournir des aides, des modèles, des retours sur les erreurs et de proposer des activités en binôme ou en groupe,5 Jean-François Cerisier, évoque une ingénierie de l’hybridation 6 qui nécessite pour les enseignants une formation spécifique et un temps d’appropriation. Une évolution majeure de l’ingénierie pédagogique est-elle en cours ? Quelles adaptations pour les enseignants à l’école, à l’université et dans la formation tout au long de la vie ? Quel impact sur le travail de l’élève, l’étudiant, le stagiaire ou l’apprenti mais aussi sur le quotidien du professeur ? Sommes-nous condamnés à suivre des webinaires et à répondre à des quiz pour apprendre ? Le tutorat est-il suffisant pour conserver chez les apprenants motivation et régularité dans les tâches à accomplir ? Certains savoirs peuvent-ils se renforcer grâce à une vidéo sur une plateforme ou une simulation pour s’entraîner ? Intervenants - Ange Ansour, Directrice du programme Savanturier - Anne Chiardola, Inspectrice de l’éducation nationale, Référente 1D cheffe de projet usages pédagogiques et animations des réseaux du 1er degré - Dominique PINCHERA, Proviseur du Lycée Louis Bascan, Rambouillet - Mélanie JONQUIERE, ingénieure pédagogique chez Simplon Le débat sera animé par Soazig Le Neve, journaliste au Monde. Conclusion du temps fort 2, 12h00 - 12h10 Avec Emmanuel Davidenkoff, Marie-Caroline Missir, Directrice du Réseau Canopé, est invitée à faire la synthèse des deux débats.

Partenaires